Formation des 50 premiers médiateurs sénégalais accrédités
Posté le 3 mai 2008
Une équipe de formateurs québécois revient de Dakar au Sénégal où ils ont animé un séminaire de formation à la médiation civile et commerciale qui s’est déroulé du 21 au 25 avril 2008. Ce séminaire a été réalisé à l’initiative du Centre d’arbitrage, de médiation et de conciliation de Dakar, en partenariat avec l’Institut de médiation et d’arbitrage du Québec (IMAQ), l’Université de Dakar et l’Université de Sherbrooke.
L’équipe de formation était composée du professeur Jean-François Roberge, directeur du programme de prévention et règlement de différends de l’Université de Sherbrooke, Louis Marquis, vice-recteur aux affaires internationales de cette université, de Me Jean Marois, président de l’Institut de médiation et d’arbitrage du Québec (IMAQ) et de Me Serge Pisapia, président de la section nationale de prévention et règlement des différends de l’Association du Barreau canadien.
Ce séminaire aura permis de former les 50 premiers médiateurs commerciaux accrédités du Sénégal.
Pendant cinq jours, des participants venus du Bénin, du Burkina Faso, de la Mauritanie et du Sénégal ont mis en pratique les étapes du processus de médiation. Chacun des participant a eu l’occasion de présider une médiation complète à l’occasion de jeux de rôles adaptés à la réalité sénégalaise.
Il s’agissait, selon le président du Centre de médiation et d’arbitrage de Dakar, Chérif Mbodj , de dépasser “la médiation informelle” conduite en général par les chefs de quartiers, les imams, etc., pour privilégier “la médiation formelle”, tenue sous l’égide du règlement du Centre de Dakar, qui a par ailleurs été revu lors de réunions privées tenues en marge du séminaire.
Le professeur de droit de l’université de Dakar, Fatou Kiné Camara, lors d’une allocution portant sur les “perspectives sénégalaises de la médiation” a plaidé pour le développement d’une ’’culture de médiation officielle’’ au Sénégal en appelant à reconnaître que la médiation est tout aussi valable pour de gros litiges en matière commerciale et bancaire qu’en matière familiale.
Pour soutenir le développement de cette culture, Fatou Kiné Camara invite à ’’tirer le meilleur parti de la médiation traditionnelle’’ en accordant une attention au système autochtone. Elle a également énuméré des ’’pistes de réforme’’ pour le développement de la médiation au Sénégal. Elle a, entre autres, cité la professionnalisation de la fonction de médiateur, la formation des juges à la médiation, l’introduction de cours de médiation dans les facultés de Droits et au Centre de formation judiciaire.
Des rencontres officielles ont eu lieu pendant cette semaine entre l’équipe de formateurs et des représentants de la magistrature, du Ministère de la justice et des universités afin d’assurer le suivi de ces orientations.
Ce séminaire a été rendu possible grâce aux efforts soutenus de monsieur Thierno Diallo, secrétaire permanent du Centre d’arbitrage, de médiation et de conciliation du Sénégal, qui s’est d’abord adressé à l’Institut de médiation et d’arbitrage du Québec dans le but de former et d’accréditer un premier réseau de médiateurs pouvant agir comme tiers impartiaux auprès des organisations publiques et privées qui font appel au centre qu’il dirige. L’ensemble du projet a été dirigé par le professeur Jean-François Roberge.
Eric Assoba, président du Centre d’arbitrage du Bénin, a conclu le séminaire sur l’expression d’une volonté commune de mettre sur pied une association ouest-africaine des “professionnels de la médiation” avec la collaboration de tous les participants au séminaire.
Ce séminaire aura en définitive été un moment important pour la professionnalisation de la médiation au Sénégal.




